Le machisme au devant de la classe politique française

10313983-denis-baupin-a-tente-de-faire-taire-mediapartCrédits photo : linternaute.com

Après presque cinq ans jour pour jour de l’affaire DSK, le sexisme revient sur la scène politique française avec l' »affaire » Denis Baupin, député EELV. Suite aux révélations de Médiapart et France Inter le lundi 9 mai, ce sont huit témoignages recueillis auprès de femmes politiques qui accusent à visage découvert -pour cinq d’entre elles- le Vice-Président de l’Assemblée nationale d’agressions et de harcèlements sexuels. Malgré les contestations de ses avocats, Denis Baupin démissionne peu après de sa vice-présidence et signifie également sa « mise en retrait » du groupe écologiste à l’Assemblée nationale.

Doutes et accusations au sein même du parti Europe Écologie des Verts

« C’était très, très connu dans le parti », affirme un collaborateur des députés du groupe écologiste à l’Assemblée à l’Agence France-Presse.  Sur son blog, Jean-Sébastien Herpin, cosecrétaire régional EELV Centre explique également : « Oui, je savais, pas tout, pas complètement ».

Sandrine Rousseau (EELV), qui fait partie des huit témoignages recueillis en affirmant avoir été victime d’agression sexuelle de la part de D. Baupin, appelle également aux témoins en déclarant sur BFM-TV : « S’il y a des femmes, qu’elles n’hésitent pas, on sera là en soutien, nous pour lesquelles les faits sont prescrits ». Elle insiste également sur le fait de ne pas pointer du doigt Emmanuelle Cosse et les femmes en général, rappelant que « Denis Baupin est l’auteur des faits que l’on dénonce ». « Emmanuelle Cosse, je ne sais pas si elle savait, si elle ne savait pas, peut-être qu’elle savait, sans doute qu’elle savait, mais de toute façon, ce n’est pas la question », a-t-elle ajouté.

Machisme récurrent

Qu’est-ce qui distingue finalement les harcèlements de rues de ceux qui se passent au sein de l’hémicycle ? Car il n’est pas rare d’entendre siffler ou huer une députée qui prend la parole à l’Assemblée. Rappelons nous du cas de Cécile Duflot, à l’époque ministre du logement et de l’égalité de territoires, accueillie par des quolibets au moment de sa prise de parole et dont la robe à fleurs avait fait émoi auprès de ces Messieurs. Aujourd’hui et depuis plusieurs années, le sexisme est un sujet polémique en France qui suscite de nombreux débats en faveur de l’égalité des sexes : témoignages des femmes journalistes politiques, égalité de salaire dans le milieu hollywoodien… Selon une étude, 78% des Français interrogés considèrent en France, le harcèlement sexuel comme un phénomène « très » ou « assez » répandu. 18% estiment qu’il s’agit d’un phénomène « très répandu » et 60% d’un phénomène « assez répandu ». Le phénomène est encore plus largement considéré comme répandu auprès des femmes (85%, dont 23% « très répandu »), ce qui s’explique par le fait qu’elles en sont plus souvent les victimes. Quant aux hommes, ils sont 70% à estimer que le harcèlement sexuel est aujourd’hui un phénomène répandu en France. (Sondage : Elabe)

Aussi, la représentation politique française ne doit-elle pas montrer l’exemple et illustrer le visage d’une République égale face aux deux sexes ? Même si la parité est respecté au Gouvernement, les femmes  n’ont encore jamais présidé au pouvoir exécutif : seuls des hommes ont dirigé l’Assemblée, le Sénat ou la République et aujourd’hui, 84% des maires, 90 % des présidents de département et 75 % des présidents de régions métropolitaines sont de sexe masculin. À méditer. (Source : Le Monde)

 

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